Les oliviers du Négus couvJe n'ai jamais rien lu de Laurent Gaudé je crois. Ce livre paru chez Actes Sud en mai 2011 est un recueil de quatre textes courts. Je ne sais pas si on peut appeler cela des nouvelles. Les titres dans l'ordre sont : Les Oliviers du Négus, Le Bâtard du bout du monde, Je finirai à terre et Tombeau pour Palerme. Dans chacun des quatre, très peu de personnages, un ou deux dont le narrateur.

Le premier est un portrait en flash-back d'un soldat de l'époque Mussolinienne parti faire la campagne d'Egypte et revenu broyé par l'horreur de ce qu'il a vu et peut-être commis. C'est aussi un portrait d'une région d'Italie qui vit le passage de Frédéric II, autour de Peschicci. Le narrateur nous parle depuis notre époque, 2007 qui voit mourir le Négus, ce personnage qu'on imagine comme un fou philosophe, opposé à ses contemporains, seul, rejeté, blessé, amoureux de sa terre et fasciné par la figure héroïque de son très lointain héros Frédéric II dont il ressent la présence presque vivante.

Le Bâtard du bout du monde, le deuxième texte, nous présente un officier romain, Lucius, qui avec sa troupe vient relever le fort le plus éloigné de la Rome antique, tenu par Caïus dont Rome ne veut plus, dernier bastion de l'empire veillant sur la muraille d'Hadrien. Brouillards d'Ecosse, barbares et froid glacé. C'est le début du déclin de l'empire romain.

Je finirai à terre est le troisième texte. Un soldat de la première guerre mondiale, échappé pour quelques heures de la tranchée se rend en mission dans une ferme pour porter le message d'un mort au combat. L'homme a qui il apporte le message, fermier d'un un hameau isolé, lui semble terrorisé. Peu à peu, l'homme raconte son histoire et transmet son effroi.

Le dernier texte, Tombeau pour Palerme, nous ramène en Sicile, aujourd'hui. Cette fois le narrateur est un juge qui se bat contre la mafia et dont, comme tous les juges qui mènent ce type de combat, les jours sont comptés.

Quatre textes très bien écrits, avec peut-être une petite préférence pour le premier. L'ambiance de chacun nous imprègne très vite. chaque protagoniste semble au crépuscule de son existence, seul face aux éléments et à l'adversité, courageux, désespéré, perdu dans un monde qui lui échappe ou avec lequel il est en rupture. Le livre, magnifique, se lit en une ou deux heures.

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