Nicolas-Bonneau-Sortie-d-Usine.jpgEnthousiasmant. Revigorant. Encourageant. Motivant. Mais aussi sincère. Juste. Bienveillant. Difficile de définir en quelques mots d'une part ce spectacle que j'ai vu hier soir mais aussi mon sentiment à son égard. C'est un ami qui était sur scène hier soir. Un ami que je ne connaissait pas. Un ami de l'Homme. Nicolas Bonneau. Et vous, le connaissiez-vous, non ?!! courrez-y ! Cet artiste-là porte un regard sur notre époque qui nous donne envie de l'aimer, l'époque. De relever la tête. On se sent beau à l'écouter. Car il parle de nous les travailleurs. Les métallo, les soudeurs, les couturières. De nos amours, de nos galères, de nos conditions de travail, des syndicalistes, de nos papas, de nos mamans, de nos copains du boulot. De l'apéro, de la radio et des chansons. De la retraite et des patrons.

Après son spectacle j'ai voulu lui dire merci comme rarement j'ai éprouvé le besoin de le faire. J'avais envie de l'embrasser. Je ne l'ai pas fait. On est con des fois. Nicolas Bonneau, c'est un conteur. Ce spectacle-là, il l'a déjà joué 400 fois nous a-t-il dit. Il pense à tourner la page. Si vous pouvez le voir ne le ratez pas. Il a eu l'idée de cette histoire en prenant conscience que son propre père avait passé plus de trente ans à l'usine, qu'il avait arrêté un jour, brutalement, et que lui, son fils il n'était pas capable de dire pourquoi il avait arrêté ni même de se faire une idée de ce qu'avait été son travail, l'usine, tout ça.

Alors il est parti en collectage. il est entré dans des usines, il a parlé à des ouvriers, à des syndicalistes, il a engrangé tout un tas de paroles, de façons de dire sans dire, de silences. Il a écouté, c'est ça sa force. Il a su écouter, avec justesse, respect, humanité. Ensuite il a fait son spectacle. Il nous raconte ça. C'est tellement simple comme idée. Il a réussi. Il a tenu parole. J'en parlerai pendant des heures de son Dédé Nostalgie qui écoute la radio en soudant dans sa cuve. De Gilbert Simoneau qui lui a sauvé la peau au Dédé, même que depuis Dédé, il l'appelle "Saint Simoneau". Et Catherine, immigrée italienne dont les parents ont fuit le fascisme de Musolini, couturière, qui parle si doucement de son Gilbert.

Nicolas Bonneau fait les personnages, une belle galerie de portraits, il fait les machines, les bruits, il chante presque parfois, il rend tout ce banal quotidien beau, intéressant, digne. Je m'arrête-là, mais vous aurez compris, c'était un sacré beau moment de ma vie.

Sortie d'Usine, de et par Nicolas Bonneau. Mise en scène et collaboration à l'écriture, Anne Marcel. Scénographie, Vanessa Jousseaume. Lumières, David Mastretta. Production, Le Lieu-Dit. Durée 1h15. Vu le mercredi 6 mars 2013 en la salle des fêtes de Breuil-le-Sec dans le cadre d'un partenariat entre le Théâtre du Beauvaisis délocalisé et le CAL (Centre d'Animation et de Loisirs) du Pays du Clermontois.

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