Le mythe de Sisyphe
"Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie." Ainsi commence cet essai de Camus. Il y explore l'absurde et la façon de se situer par rapport à l'absurde une fois qu'on en a pris conscience : se suicider ou se révolter. C'est le genre de livre qu'il faut lire et relire pour en prendre toute la mesure. Dans mon carnet de lecture j'ai relevé des passages et aussi noté des pensées qui me venaient au fil des pages.
Par exemple, je m'y demande si se poser la question de l'absurdité de la vie ne revient pas à s'interroger sur son utilité ? A quoi sert de vivre quand on est humain ? Pour échapper à notre animalité, on peut essayer de comprendre l'homme et l'on va philosopher ou étudier son histoire. On peut aussi chercher à améliorer la vie, et on va militer, faire de la politique. Les artistes eux vont observer, décrypter le monde et l'homme, en donner leur propre lecture.
Camus écrit page 156 de l'édition poche Folio "De toutes les écoles de la patience et de la lucidité, la création est la plus efficace. Elle est aussi le bouleversant témoignage de la seule dignité de l'homme : la révolte tenace contre sa condition, la persévérance dans un effort tenu pour stérile. Elle demande un effort quotidein, la maîtrise de soi, l'appréciation exacte des limites du vrai, la mesure et la force. Elle constitue une ascèse. Tout cela « pour rien», pour répéter et piétiner. Mais peut-être la grande oeuvre d'art a moins d'ilportance en elle-même que dans l'épreuve qu'elle exige d'un homme et l'occasion qu'elle lui fournit de surmonter ses fantômes et d'approcher d'un peu plus près sa réalité nue."
J'ai aussi listé les noms cités dans ce livre : Nietsche, Shopenhaueur, Karl Jaspers, Peregrinos, Jules Lequier, Aristote, Léon Chestov, Ignace de Loyola, Kierkegaard, Husserl, Platon, Plotin, Dostoievski (et ses personnages : Kirilov, Starvoguine), Franz Kafka
Et puis les livres : Les Possédés de Dostoievski, Le Procès, Le Château, La Métamorphose, de Kafka.
Le mythe de Sisyphe, essais sur l'absurde d'Albert Camus, publié en 1942 chez Gallimard. Lu dans l'édition de poche Folio essais, Gallimard, 2011, 169p.