Le lièvre de Vatanen
Quelle coïncidence de trouver ce livre à la bibliothèque alors même que je viens de lire Le tour du monde en 80 livres (voir l'article que j'ai consacré à cet ouvrage) dans lequel ce roman traduit du finnois est cité. Je ne pouvais que me jeter desus. Je l'ai dévoré. On y découvre dès la première page un journaliste, Vatanen, roulant dans une voiture au côté d'un collègue photographe. Ils rentrent chez eux sur une route de campagne quand un lièvre (un levraut en fait) apparaît au milieu de la route. Trop tard pour l'éviter. Ils s'arrêtent et Vatanen s'enfonce dans la campagne sur les traces du levraut qu'il retrouve un peu plus loin la patte brisée. On sait que Vatanen subit sa vie, subit sa femme, semble au bout de quelque chose. Le photographe aura beau l'appeler pour l'enjoindre à revenir, Vatanen ne répond plus. A cet instant on comprend qu'il vient de mettre un terme à sa vie d'avant. J'ai pensé au merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède de Selma lagerlöf. D'abord il va s'intéresser au levraut, le soigner. Nous sommes en été, il dort à la belle étoile. C'est un retour au source bénéfique, une redécouverte des joies simples, de la nature. La vie. Le lièvre guérit, grandit et s'attache à vatanen autant que l'homme s'attache à lui. S'ensuit une série d'aventures toutes plus surprenantes les unes que les autres, faites de petits boulots, de rencontres. Comme si d'un coup l'homme ne décidait plus de son sort mais s'en remettait au hasard, à l'opportunité.
D'abord, il faut dire que ce roman d'Arto Paasilinna est tout sauf triste ou grave. C'est léger, désopillant. On lit cela comme un enfant en allant de surprise en surprise. On découvre la Finlande par petites touches. Le récit rapide, elliptique, ne s'appesanti jamais, ne juge pas, décrit avec des phrases courtes et simples. j'ai très envie de découvrir d'autres romans de cet auteur. Un film de Marc Rivière a été tiré de ce roman.
Le lièvre de Vatanen. Roman du Finlandais Arto Paasilina paru initialement en 1975 et en 1989 chez Denoël pour la version française (Traduction de Anne Colin du Terrail). Je l'ai lu dans une version de poche chez Folio de 2006 qui compte 235p.