Fraternity

Noël est souvent propice à découvrir de la bande dessinée. C'est personnellement une période ou j'aime m'enfoncer dans la lecture. C'est aussi une période riche en cadeaux propres à se coincer la bulle. La bande dessinée dont je veux parler ici, parue en deux tomes, en 2011 chez Dargaud est scénarisée par Juan Diaz Canales également scénariste de l'excellente série Blacksad et dessinée par Jose Luis Munuera.
L'action se situe dans une petite ville de l'Indiana, New Fraternity, en 1863. Fraternity, fondée par le révérend Benz est devenue New Fraternity, depuis que la colonie a décidé de s'organiser selon un modèle démocratique très en avance sur son temps basé sur un principe premier d'égalité. Robert McCorman, l'homme vieillissant qui est l'instigateur de ce renouveau : LA DECLARATION D'INDÉPENDANCE MENTALE DE L'HOMME, depuis un an a fait voter dans le même temps, en pleine guerre de sécession, l'abolition de la propriété privée, l'abandon de la religion traditionnelle et la dissolution du couple conventionnel. Mais les résistances sont fortes et les tensions au sein de la communauté de plus en plus inquiétantes. Aux alentours de la colonie, un monstre, mi-homme, mi-bête rôde. Un lien étrange le relie à Emile, le petit muet hébergé ici depuis cinq années. Pour les uns il incarne la malédiction qui frappe depuis la fermeture de l'église, pour les autres un danger mortel, pour Emile un ami ou peut-être un parent ?...
Toujours est-il que le fragile équilibre qui maintenait l'ordre jusque-là est en train de se rompre. Les intégristes religieux, les intolérants se réveillent. Le racisme, avec la peur et la misère rejaillit avec violence. Toutes les superstitions et les volontés de prendre le pouvoir sont décuplées...
Une fable sur le pouvoir, l'utopie, la faillite humaine qui résonne étrangement dans notre époque incertaine.
Fraternity, 2 tomes, Dragaud 2011.
Scénario Juan Diaz Canales
Dessin : Jose Luis Munuera
Couleur : Sedyas