Le libraire
Poudoupoudoupoudou. C'est la bande son du livre, le bruit que fait la porte de la librairie à l'entrée ou la sortie d'un client. Un tout petit poche. A l'intérieur on fait connaissance avec le libraire. Il n'aime pas les couples. Dans sa librairie, ouverte 24/24, il y a des livres. Après chaque visite, le libraire monte à l'étage se préparer une infusion. Sa devise : "Un client, une tisane". Parfois, dans sa librairie, entre une question. Il la sent qui remonte les allées entre les livres. D'autres fois, c'est un témoin de Jéhovah ou la fleuriste du coin.
Extrait : "Le seul moyen qu'avait trouvé le libraire pour être certain qu'il ne vendait pas de la merde était de lire tous les livres qu'il mettait sur les étagères de sa librairie.
Le libraire passait donc son temps à lire.
Et quand il ne lisait pas, il continuait encore de lire.
Ou de relire.
À la naissance de sa librairie, lorsqu'il était encore le plus jeune libraire de la ville où il habitait, le libraire n'avait qu'une seule étagère de livres, derrière laquelle il pouvait à peine cacher son bureau.
Mais le temps avait passé, le libraire s'était épaissi, et les livres s'étaient entassés."
Sur le quatrième de couverture de l'édition de poche, une phrase de Bernard Plessy du Bulletin des lettres est reproduite qui dit ceci : Ne pas lire trop vite, pour faire durer le plaisir. Je me range totalement à cet avis. C'est un pur plaisir à infuser lentement.
Le libraire, roman de Régis de Sá Moreira. Diable Vauvert, 2004. 189p. (dans la version poche)