De la difficulté de grandir au milieu de ses pairs
Le sujet est : "doit-on continuer à éduquer nos enfants dans cet esprit rétrograde et inadapté au monde moderne, à savoir en essayant de leur transmettre la douceur, la tolérance, le détachement des valeurs matérielles et de l'argent, un certain refus de la société de consommation et de l'esprit de compétition constant qui va avec ? "
Prenons un exemple parmi d'autre : le cas d'Erbam. Petite grande fille pétillante, plutôt positive, aimant le contact avec les autres (surtout les filles), s'acquittant de son rôle de grande et petite soeur avec plaisir et entrain. Créative, souvent animatrice dans les groupes d'enfants qu'elle côtoie. Elle regarde son prochain avec confiance et voit en lui un ami potentiel, au pire un indifférent aux côtés duquel elle existera sans agressivité.
Voilà que se présente à elle une nouvelle situation : changer d'école suite à notre déménagement. Pour elle, c'était déjà ne plus se retrouver avec toutes les copines qu'elle avait rencontré l'année précédente. Une petite angoisse lui a tourné dans le ventre les premiers jours, mais bon, sans que cela soit vraiment préoccupant.
Et puis ce fut la nouvelle cantine, autre source de contarriété pour elle qui mange très peu diversifié et redoute qu'on la force à goûter de tout comme c'est souvent le cas.
Extrait d'une série de poissons fabuleuses par Iflex, sept 2009
Bref, rien d'inquiétant jusque-là. Mais à la cantine, où se retrouvent plusieurs groupes scolaires de la commune, elle a vite été interpelée de manière peu sympathique par deux petites filles. L'une s'appelle Erbam comme elle et l'autre, Céhol, lui a déclaré, doutant presque du fait qu'elle porte le même prénom que sa meilleur copine, ou peut-être ne supportant pas cette soudaine concurrence, allez savoir, que c'était sa copine la plus belle et ce genre d'idioties. Depuis, mon Erbam est régulièrement victime de brimades, de petites bousculades, de menues vexations répétitives.
Elle est désemparée. Ce matin encore, alors que mon réveil venait de sonner six heures, je l'ai entendu pleurer dans son lit. Elle m'a dit qu'elle aimerait bien que nous en parlions aux animatrices de la cantine et du périscolaire. Je la comprend. Je sais ce que c'est que cette peur enfantine de l'agressivité et de la solitude. Je me rappelle avoir eu des boules dans le ventre au réveil qui vous retournent en un instant. Je sais ce que l'on ressent face à la violence d'autres enfants quant on est soi-même totalement étranger à ce sentiment. Elle est démunie. Dois-je l'exorter à se défendre ? A rendre oeil pour oeil, dent pour dent alors même que toute mon éducation est fondée sur l'inverse ? Non, bien sûr. Mais je ne peux pas non plus rester sans rien faire.
Prenons un exemple parmi d'autre : le cas d'Erbam. Petite grande fille pétillante, plutôt positive, aimant le contact avec les autres (surtout les filles), s'acquittant de son rôle de grande et petite soeur avec plaisir et entrain. Créative, souvent animatrice dans les groupes d'enfants qu'elle côtoie. Elle regarde son prochain avec confiance et voit en lui un ami potentiel, au pire un indifférent aux côtés duquel elle existera sans agressivité.
Voilà que se présente à elle une nouvelle situation : changer d'école suite à notre déménagement. Pour elle, c'était déjà ne plus se retrouver avec toutes les copines qu'elle avait rencontré l'année précédente. Une petite angoisse lui a tourné dans le ventre les premiers jours, mais bon, sans que cela soit vraiment préoccupant.
Et puis ce fut la nouvelle cantine, autre source de contarriété pour elle qui mange très peu diversifié et redoute qu'on la force à goûter de tout comme c'est souvent le cas.
Extrait d'une série de poissons fabuleuses par Iflex, sept 2009Bref, rien d'inquiétant jusque-là. Mais à la cantine, où se retrouvent plusieurs groupes scolaires de la commune, elle a vite été interpelée de manière peu sympathique par deux petites filles. L'une s'appelle Erbam comme elle et l'autre, Céhol, lui a déclaré, doutant presque du fait qu'elle porte le même prénom que sa meilleur copine, ou peut-être ne supportant pas cette soudaine concurrence, allez savoir, que c'était sa copine la plus belle et ce genre d'idioties. Depuis, mon Erbam est régulièrement victime de brimades, de petites bousculades, de menues vexations répétitives.
Elle est désemparée. Ce matin encore, alors que mon réveil venait de sonner six heures, je l'ai entendu pleurer dans son lit. Elle m'a dit qu'elle aimerait bien que nous en parlions aux animatrices de la cantine et du périscolaire. Je la comprend. Je sais ce que c'est que cette peur enfantine de l'agressivité et de la solitude. Je me rappelle avoir eu des boules dans le ventre au réveil qui vous retournent en un instant. Je sais ce que l'on ressent face à la violence d'autres enfants quant on est soi-même totalement étranger à ce sentiment. Elle est démunie. Dois-je l'exorter à se défendre ? A rendre oeil pour oeil, dent pour dent alors même que toute mon éducation est fondée sur l'inverse ? Non, bien sûr. Mais je ne peux pas non plus rester sans rien faire.
