Le signe de la lune
C'est l'histoire d'Artémis. L'histoire d'un drame, le sien. Elle, petite fille qui voulait voir la lune de tout près, fascinée qu'elle était par cet astre de la nuit. Innocente grande soeur tellement attachée à son petit frère. Jeune fille ignorant encore tout de la convoitise dangeureuse des garçons qui l'entourent et surtout l'un d'entre eux : le chef de bande Rufo. Heureusement, Brindille, le bienveillant Brindille, le solitaire ami des animaux est là qui s'interpose et prend les coups pour la protéger. Oui, c'est violent et dramatique...
Il faut savoir se taire et ne pas trop en dire. J'ai parlé il y a quelques jours de la BD Fraternity dont le dessinateur était José Luis Munuera. Il est aussi celui de ce signe de la lune, antérieur. Un dessin en noir et gris allant d'une ligne claire parfois proche de Walt Dysney pour les personnages, ceux-ci pouvant être traités de manière caricaturale (voir l'idiot et néfaste Pif ou le vraiment très méchant Rufo), à des décors grandioses s'étalant sur toute une double page nous faisant basculer dans la poésie et l'étrangeté de ce conte de petit chaperon rouge très librement adapté. 133 pages d'un récit sombre, construit en flach-back où le rouge éteint du manteau de la belle Artémis vient seul en colorer par endroit le désespoir.
Quand la BD aborde des sujets tels que l'enfance, la culpabilité, l'amour, avec une force qui vous remue jusqu'au frisson, on remercie les auteurs et on se dit qu'on est décidément entrés dans l'âge adulte du 9ème art.
Le signe de la lune, Bande dessinée parue chez Dargaud, 2009. Scénario d'Enrique Bonet, dessin de José Luis Munuera, 133p.