Louise-Wimmer-affiche.jpgUne femme, Louise, roule dans la ville nocturne. La caméra filme ses yeux dans le rétroviseur de sa voiture. Une partie de la route est visible aussi, mais trop partiellement pour que le spectateur puisse anticiper ou comprendre sa direction. On entend tous les bruits, on doit être en son direct. D'emblée on est en déséquilibre, en insécurité. Et c'est bien aussi ce que vit Louise. Ses meubles sont dans un garde-meubles dont elle ne parvient pas à payer le loyer. Elle attend un logement HLM. Elle fait le ménage dans un hôtel. Le seul bien qui lui reste, c'est sa voiture où elle dort, où elle roule en écoutant la musique, Nina Simone. Louise se démène sans broncher. Parfois elle manque de craquer. Elle danse. Elle fait l'amour aussi, rudement, et à l'homme qui la questionne, elle ne dit rien de sa vie. Elle attend un logement. Elle passe à l'agence, on ne lui répond pas. Heureusement elle a quelques amis qui la dépannent. Tout cela fait suite à la séparation d'avec son mari. Elle a cinquante ans ou presque et son horizon c'est son rétroviseur. Mais elle a de la ressource.

 

Le film est halletant, on est tendu dans son fauteuil, on serre les dents, c'est crispant. On est avec Louise, on voudrait l'aider. On est le premier témoin de son nauffrage, de tout près. On voit tout, on entend tout. Elle est belle, elle sourit encore, pas souvent et c'est ce sourire qu'on attend...

On pense à Robert Guédiguian, à Ken Loach,Mike Leigh

 

Film français de Cyril Mennegun. sorti en janvier 2012. 1h20

Avec Corinne Masiero, Jérôme Kircher, Anne Benoit.

Retour à l'accueil