Abaque

N.m. (XIIe; lat. abacus). ♦ 1° Tablette à claculer de l'antiquité, devenue au Xe s. un tableau à colonnes (unités, dizaines, centaines) utilisant les chiffres arabes.Mod. Boulier-compteur.Tableau graphique permettant de faciliter de nombreux calculs (V. Nomographie). ♦ 2° Partie supérieure du chapiteau d'une colonne en forme de tablette. Syn. TAILLOIR.

"Par exemple, c'est à lui que nous devons l'inroduction des chiffres arabes, tellement plus pratiques pour faire des multiplications que les chiffres romains. Quand je pense qu'il y a encore des maîtres qui pesristent à enseigner le calcul avec les chiffres romains... Les abaques sont si compliqués à utiliser ! Gerber d'Aurillac avait compris cela, notamment grâce à ses voyages en Espagne." 

(Saltarello, Matthieu Dhennin)


Adiaphorie (CNRTL)

Philo. "État de l'esprit qui ne fait pas de différence entre la valeur des choses, et par conséquent ne saurait être ému par rien; cet état est, pour Pyrrhon, le souverain bien."(Goblot 1920). "La liberté n'est qu'une farce si elle se laisse hypostasier : alors il n'y a plus que le marasme et l'adiaphorie, alors la liberté n'est plus, en chacune de ses coupes statiques, qu'une variété de servitude." (V. Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957, p. 216.)  "L'usage d'une liberté créatrice qui compromet ou engage des valeurs, pose des normes nouvelles, cet usage pèse sur l'adiaphorie du vouloir vouloir, incombe à son indifférence, détermine son indétermination, fait de son vide une plénitude, donne un sens à son arbitraire."  (V. Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957p. 224.)

"Meursault [héros de L'Étranger de Camus] n'a rien fait pour, mais il pratique l'apathie, l'aphasie, l'épochè, l'adiaphorie : indifférent à tout, se dispensant de donner son avis, suspendant son jugement, son trajet romanesque illustre ces façons d'être et de faire. Précisons : la mort de sa mère ne le bouleverse pas ; (L'ordre Libertaire, la vie philosophique d'Albert Camus, Michel Onfray)


Affidé, ée

Adj. (1567; it. affidato, lat.médiév. affidare, rad. fides "foi"). ♦1° Vx. À qui on peut se fier. Subst. Confident. ♦2° (1748). Péj. Qui se prête en agent sûr à tous les mauvais coups. Subst. Un de ses affidés, de ses agents ou complices prêts à tout.

"Marx, grand bourgeois marié à une baronne et vivant aux crochets de son ami Engels qui le subventionne avec les bénéfices de ses usines, traite l'artisan Proudhon de petit bourgeois ! L'auetur du Capital obtien la mainmise sur le socialisme européen avec l'aide de ses affidés qui ourrent les urnes lors du Congrès - celui de La Haye notamment. (L'ordre Libertaire, la vie philosophique d'Albert Camus, Michel Onfray)


Apathie

N.f. (XIVè; lat. apathia, gr. apatheia; Cf. -Pathie). ♦1° Philo. anc. Insensibilité voulue comme conforme à l'idéal humain. V. Ataraxie, impassibilité, imperturbabilité. ♦2° (1694). Incapacité d'être ému ou de réagir (par mollesse, indifférence, état dépressif, etc.). V. Engourdissement, indolence, inertie, paresse, résignation. Secouer son apathie. "Quarante années de tempête ont brisé les plus fortes âmes; l'apathie est grande" (CHATEAUB.) . "Nous avons à lutter contre l'incroyable apathie des classes moyennes" (MART. du G.). ◊ Ant. Sensibilité; activité, énergie, enthousiasme.

"Meursault [héros de L'Étranger de Camus] n'a rien fait pour, mais il pratique l'apathie, l'aphasie, l'épochè, l'adiaphorie : indifférent à tout, se dispensant de donner son avis, suspendant son jugement, son trajet romanesque illustre ces façons d'être et de faire. Précisons : la mort de sa mère ne le bouleverse pas ; (L'ordre Libertaire, la vie philosophique d'Albert Camus, Michel Onfray)


Aphasie

N.f. (1826; gr. aphasia) Méd. et cour. Trouble ou perte de la capacité de parler ou de comprendre le langage parlé (surdité verbale) ou écrit (cécité verbale ou alexie), par lésion des centres nerveux cérébraux correspondants.

"Meursault [héros de L'Étranger de Camus] n'a rien fait pour, mais il pratique l'apathie, l'aphasie, l'épochè, l'adiaphorie : indifférent à tout, se dispensant de donner son avis, suspendant son jugement, son trajet romanesque illustre ces façons d'être et de faire. Précisons : la mort de sa mère ne le bouleverse pas ; (L'ordre Libertaire, la vie philosophique d'Albert Camus, Michel Onfray)


Apocryphe

Adj. (1220; lat. ecclés. d'o. gr. apocryphus). ♦1° Que l'église ne reconnaît pas dans le canon biblique. Évangiles apocryphes. — Subst. m. Les apocryphes de la Bible. ♦2° (XVIIe). Dont l'authenticité est au moins douteuse. V. Controuvé, faux, inauthentique. "Sa vie aventureuse a prêté à des mémoires apocryphes fabriqués de son vivant" (STE BEUVE). ◊ ANT. Authentique, canonique. Reconnu.

 

"Le mot apokryphos veut dire "caché" et les apocryphes sont donc les textes cachés que certains contestent fortement et que d'autres considèrent comme devant faire partie de l'Ancien Testament. Ce sont les livres de Tobie, Judith, Esther, Baruch, Sirach, les Maccabées et deux ou trois autres."

(Les hommes qui n'aimaient pas les femmes, Stieg Larsson)


Astrolabe

N.m. (Astrelabe, XIIe ; bas lat. astrolabus, gr. astrolabos). Instrument dont on se servait pour déterminer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon (Astrolabe de mer ; astrolabe armillaire), et qui sert de nos jours aux déterminations d'heures, de latitudes (astrolabe impersonnel de Danjon).

 

"[...] Oh, mais dis-moi, afec le temps qu'il fait, tu dois pas te pleindre non plus, toi, tes trucs et machins, là, que tu fends, c'est pas pour regarder le ciel ? Non? mais si! Comme ça fait bien quatre ou cinq mois qu'il n'y a pas eu un seul nuage au-dessous de Paris, tu as dû en fendre un sacré paquet de tes astrabes...

- Astrolabes.

-Oui, c'est ça. C'est pareil."

(Saltarello, Matthieu Dhennin)


Ataraxie

N.f. (1580; gr. ataraxia "absence de trouble"). Philo. Tranquilité de l'âme. Chez les Stoïciens, État d'une âme que rien ne trouble, idéal du sage. V. Apathie, calme, détachement, impassibilité, quiétude, sérénité.Ant. Agitation, inquiétude, passion.

"Cessons-là ce portrait accablant d'un philosophe qui aurait mieux fait de pratiquer la philosophie de ses livres. Ce croyant non partiquant du "wou-wei" taoïste, ce sceptique mystique du "non-agir", ce religieux de l'ataraxie pyrrhonienne aurait ainsi évité de travaerser les années d'occupation avec ce rôle assez peu reluisant - du moins : fort peu philosophique.

 

(L'ordre Libertaire, la vie philosophique d'Albert Camus, Michel Onfray)


Retour à l'accueil