L'eau bénite a gelé dans la cathédrale

Une bonne dizaine de jours qu'il fait moins dix. Chaque soir on se recroqueville derrière les volets les mains tendues vers le feu. La peau se parchemine et cède aux jointures. Ça démange. On se console en pensant qu'il y aura moins de moustiques cet été. La nature était un peu perdue ces dernières semaines. Les giroflées n'avaient pas cessé de fleurir et un pommier du japon trop pressé, flamboyait déjà de toutes ses ramures. Son élan a été coupé par l'air sibérien. Ce dimanche matin, il y avait un stage de danse Hip-Hop à Beauvais pour Erbam. L'occasion pour nous d'aller visiter le musée départemental de l'Oise installé dans l'ancien Palais des Evêques-Comtes de la ville, au pied de la cathédrale. Le grand soleil d'hiver brillait dru sur les toits et les restes de neige des trottoirs. Le musée n'ouvrait ses portes qu'à 10h00 et, congelés pour congelés, on a décidé de faire visiter la cathédrale aux garçons en attendant. Au moins on serait à l'abri du vent coupant. Je voulais que Seulj vérifie par lui-même la hauteur de la nef, la plus haute des constructions gothique d'Europe. Je lui avais parlé de la fragilité de l'édifice et des énormes étais de bois qui la maintiennent debout. Pour Easelbli et moi c'était aussi revenir sur nos pas quelques années en arrière. Quand nous avions passé une année à Auneuil au sortir des études. Dans la Cathédrale la lumière vive qui filtrait à travers les vitraux allumait les murs de tapisseries abstraites et vivantes.

Dans l'entrée un vieux monsieur s'est approché de nous casquette sur la tête et nous a fait remarquer qu'il avait du faire très froid parce que l'eau bénite était gelée dans les deux bénitiers de l'entrée principale. Nous ne sommes pas retés longtemps à l'intérieur, c'était vraiment glacial.

Dehors la façade éclatait de blancheur. elle vient d'être entièrement ravalée. La sculpture qui orne le grand portail est en remarquablement bon état et d'une finesse que je n'avais jamais remarqué : de la dentelle.

Quel plaisir de s'engouffrer dans le musée et sa douce chaleur. C'est un musée gratuit dont on ne peut pas voir toutes les collections pour cause de travaux. Deux madones à l'enfant en bois renaissance m'ont beaucoup plu. Et la pièce maîtresse, une statuette d'une quarantaine de centimètres figurant un Dieu-guerrier gaullois découverte en 1983 à Saint-Maur. Elle est reconstituée et restaurée de façon à ce qu'elle nous apparaissent comme si elle venait d'être réalisée devant nous ou presque. Très émouvant.

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